Paroles des invités Philias

Enjeux lies à l’environnement en suisse

Publié le: 11 nov. 2009

Adèle Thorens Goumaz , Conseillère nationale, Parti des Verts

  1. En terme de législation environnementale, à quoi sont soumises les entreprises suisses ?

    Il y a des dispositions très diversifiées et plus ou moins contraignantes. En voici quelques exemples non exhaustifs:

    • interdiction de certains composants ou produits polluants (par exemple les CFC dans le domaine de la réfrigération) ;
    • taxes incitatives (par exemple la taxe CO2 sur les combustibles) ;
    • exigences en matière de transparence (déclaration sur la provenance, sur la composition ou sur le mode de production des produits) ;
    • dispositions dans le domaine de la construction pour certaines infrastructures ou exploitations (par exemple soumission à une étude d’impact sur l’environnement) ;
    • dispositions liées à la mobilité (par exemple limitation du nombre de places de parc).
  2. Quels sont les priorités et les enjeux dans ce domaine ?

    Beaucoup de dispositions ne sont pas contraignantes et dépendent du bon vouloir des entreprises et de la pression des consommateurs. Malgré cela, des progrès sont faits. Selon les derniers chiffres de l’OFS, les émissions de CO2 dues à l’économie suisse ont augmenté de 1% entre 1990 et 2005, tandis que le PIB progressait de 18,7% en termes réels. Un découplage relatif a donc eu lieu entre croissance et consommation d’énergie.

    Il reste néanmoins beaucoup à faire: introduction du principe du top-runner, par exemple, qui exige que les produits les plus économes en énergie deviennent la norme à respecter dans un délai imparti, ou encore du principe du « best regulatory practice », qui veut que si des normes plus sévères sont observées à l’étranger, l’administration puisse y adapter ses standards.

    La transparence devrait en outre être améliorée, par exemple en exigeant des entreprises des rapports environnementaux répondant à des normes strictes de crédibilité. Enfin, la fiscalité écologique est un chantier ouvert. On attend par exemple toujours une taxe véritablement incitative sur les carburants. Plus fondamentalement, les principes de l’écologie industrielle devraient être encouragés, par exemple par la création de parcs éco-industriels. Le potentiel de développement de l’économie de fonctionnalité devrait en outre être évalué et promu.

  3. Quels sont les principaux acteurs du secteur non lucratif dans les divers domaines liés à l’environnement (eau, ressources, économie d’énergie) au niveau national et international ?

    Le WWF reste une référence au niveau national et international, mais il existe de nombreux autres acteurs compétents comme pro natura ou l’association transports et environnement (ATE).

    Certaines associations sont des spécialistes du thème « économie et environnement » et soutiennent les entreprises dans leurs propres efforts, à l’image d’oebu, d’écoparc (réseaux d’entreprises durables) ou d’APRES (économie solidaire). Des acteurs proches des institutions publiques aident également les entreprises à modifier leurs pratiques. C’est par exemple le cas de l’agence de l’énergie pour l’économie (AENEC).

  4. Et comment les entreprises peuvent-elles soutenir leurs activités et leur engagement ?

    La plupart des ONG environnementales propose des parrainages de projets ou des partenariats aux entreprises. Le WWF leur offre même la possibilité d’intégrer des réseaux liés à une série d’engagements dans des domaines spécifiques, comme le « climate group », qui réunit des entreprises réduisant leurs émissions de CO2.

  5. Les petits gestes pour une entreprise eco-friendly ?

    Les petits gestes tels que l’utilisation de papier recyclé, la lutte contre le stand-by, la pose d’économiseurs d’eau ou d’ampoules économiques sont bien sûr utiles. Ils ne dispensent cependant pas d’une réflexion plus fondamentale au sein de l’entreprise.
    Celle-ci peut se lancer dans une démarche complète de management environnemental : améliorer l’efficacité énergétique de ses bâtiments, mettre en place un plan de mobilité pour ses collaborateurs, ou adopter une politique d’achat écologique. Tous ces efforts sont cependant vides de sens s’ils sont réalisés au service d’un produit nuisible à l’environnement.

    Il est important d’effectuer aussi une réflexion à ce niveau, en faisant un éco-bilan du produit pour mieux en connaître les impacts et, surtout, les potentiels d’amélioration.

  6. Est-ce que la politique des achats ou « procurement » est la porte d’entrée principale pour une économie qui rime avec écologie ?

    C’est certainement un passage obligé. Une prise en compte sérieuse des enjeux environnementaux implique une réflexion de l’entreprise sur l’ensemble de sa chaine de production, des matières premières à la fin de vie du produit, en passant par une prise en considération de l’ensemble des parties prenantes.

  7. Les fonds verts ? Equator principles ? Qu’en pensez-vous ?

    Il est indispensable de diriger les investissements vers les entreprises et les secteurs économiques les plus respectueux de l’environnement. Les fonds verts devraient être encouragés de manière volontariste par les collectivités, en particulier dans le contexte des investisseurs liés au secteur public et des fonds de pension. De manière générale, une plus grande transparence devrait être instaurée. Qui peut dire aujourd’hui de quelle manière est géré l’argent de son deuxième pilier ? Un travail de sensibilisation et d’incitation considérable restent à faire dans ce domaine. Certaines associations s’y attachent.

  8. Liens internet les plus utiles à votre avis pour en savoir plus ?

    Management environnemental :
    éco-bilans :
    ONG environnementales :
    associations ou réseaux « économie et environnement » :
    économie solidaire :
    efficacité énergétique pour les entreprises:
    Page « entreprise » de Suisse énergie :
    pages « économie » et « consommation et production » de l’office fédéral de l’environnement :
    Guide du canton de genève sur le développement durable pour les pme :
    investissements et actionnariat durables :
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