Philanthropie et generosite

Publié le: 11 Nov 2009

  1. Le CerPhi a mis en place le baromètre mensuel« climat de générosité des français » ? Pouvez-vous nous dire comment cela fonctionne et quels en sont les premiers résultats ? L’évolution des résultats de l’année montre-t-elle qu’il existe une baisse de la générosité ou au contraire un engagement plus important des citoyens ?

    Il y a un an, quand la crise financière a touché directement l’Europe, nous avons créé le baromètre permanent du « Climat de générosité des français » afin de suivre avec précision son influence sur les intentions de don des Français : allaient-elles faiblir sous l’effet de l’inquiétude, ou être renforcées par une réaction de solidarité ? Chaque mois, 1500 donateurs ont été interrogés par téléphone : pensaient-ils donner cette année plus, moins, autant que l’année précédente? Ce baromètre a fourni, mois après mois, une image du moral des Français à partir de leurs intentions de don.

    Et le moral a tenu bon. Depuis novembre 2008, et de façon assez stable, 70% environ des Français ont déclaré leur intention de donner autant que l’année dernière, surtout les plus âgés et ceux qui font les plus gros dons.

    Au regard des premiers résultats de collecte annoncés par les associations, il semble que les personnes interrogées ont même sous évalué leur effort de générosité.
    Selon le panel d’associations de France générosités , la collecte aurait progressé au cours du trimestre 2008 (+ 6 % Vs 2007). Les banques alimentaires, dans le même temps, annonçaient une augmentation de 25% de la collecte auprès des particuliers. Cet effort a été maintenu au cours des deux premiers trimestres de 2009.

    Les données concernant les deux dernier trimestres ne sont évidemment pas encore connus, mais tous les signes semblent aller dans le même sens : l’engagement des donateurs se renforce avec l’augmentation des besoins de solidarité.

  2. Qu’en est-il des entreprises ? Voit-on une différence avec l’arrivée de la nouvelle génération et comment percevez-vous l’évolution de la relation entre réputation et générosité ?

    Nous ne disposons pas encore de données chiffrées validées concernant le mécénat des entreprises en 2009. Les dernières estimations de l’Admical datent de 2008 (2,5 milliards d’euros).

    Il est admis que le mécénat progresse de façon importante, comme en témoigne l’augmentation du nombre des fondations d’entreprise, depuis les nouvelles dispositions fiscales de 2005 et la loi sur les fondations d’entreprise (« Loi Aillagon » de 2003). Les PME évoluent plus lentement, en particulier parce que leur santé financière est plus fragile, et qu’elles n’ont pas encore eu le temps de mettre en place la réflexion stratégique qui leur permettrait de tirer le meilleur parti de leurs investissements en mécénat.

    Le mécénat des entreprises revêt de plus en plus un caractère stratégique. Elles en attendent un bénéfice en termes d’amélioration du climat social (par l’implication de collaborateurs dans les projets) et de réputation auprès des différentes parties prenantes.

    Les partenariats avec les associations, qu’i s’agissent de mécénat ou d’autres formes de partenariat, sont également souvent destinés à aider les entreprises à remplir leurs obligations de RSE.

  3. En tant qu’acteur incontournable de la recherche en philanthropie et membre du réseau international CerPhi International, pouvez-vous nous dire quels sont les grandes tendances actuelles en matière de philanthropie ? Quels liens existent entre philanthropie et responsabilité sociale ?

    Actuellement, le monde de la philanthropie évolue rapidement en France comme dans les autres parties du monde, avec l’arrivée d’une nouvelle génération de grands philanthropes (des personnes qui ont bâti leur fortune eux-mêmes récemment Vs en ont héritée), dont la raison de donner est avant tout d’agir avec un objectif premier d’efficacité (Vs un devoir de don).

    Ces nouveaux philanthropes ont davantage envie de participer à la gestion des projets qu’ils financent. Ils appliquent à leur projet philanthropique les méthodes de management et de communication éprouvées des entreprises. Ils choisissent, davantage que leurs aînés, les causes qu’ils soutiennent en fonction de leur utilité sociale et sont attentifs à l’évaluation des projets et à l’impact de leur investissement

    Ils ont des attentes de services sur mesure qui conduisent les Fondations à se structurer pour y répondre, et favorisent l’émergence de nouveaux services de conseils en philanthropie.

  4. Quels sont les liens internet que vous conseillez pour en savoir plus ?
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